À Mayotte, une crise hydrique d’ampleur exceptionnelle frappe les 270 000 habitants en cette période automnale 2025. Les travaux de maintenance de l’usine d’Ourovéni ont réduit la production d’eau potable de 60%, passant de 10 000 à 4 000 mètres cubes par jour, plongeant l’archipel dans une situation critique où certaines communes subissent jusqu’à 96 heures de coupure consécutives.
Cette situation technique exceptionnelle intervient dans un contexte déjà fragilisé par une sécheresse persistante, avec des nappes phréatiques 38% sous les normales saisonnières. Les familles vulnérables, notamment celles hébergeant des malades sous assistance respiratoire, se retrouvent dans une détresse absolue face à ces restrictions drastiques qui menacent directement la survie des plus fragiles.
L’ampleur de cette crise hydrique automnale révèle la vulnérabilité structurelle de l’approvisionnement en eau dans les territoires insulaires français, où chaque panne technique peut basculer vers une urgence humanitaire majeure en quelques heures seulement.
La maintenance critique qui paralyse l’archipel
Une intervention technique indispensable aux conséquences dramatiques
Du 11 au 24 octobre 2025, l’usine d’Ourovéni subit une maintenance lourde de son décanteur de la file 6000, infrastructure vitale pour garantir la qualité de l’eau distribuée. Cette intervention technique, reportée depuis des mois, ne pouvait plus être différée sous peine de compromettre définitivement la sécurité sanitaire de l’eau potable mahoraise.
Des chiffres qui révèlent l’ampleur du défi
La réduction de production de 10 000 à 4 000 mètres cubes quotidiens représente une perte sèche de 6 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Pour contextualiser cette donnée, chaque habitant de Mayotte dispose normalement de 37 litres d’eau par jour, contre seulement 15 litres durant cette période critique, soit deux fois moins que le minimum vital recommandé par l’Organisation mondiale de la santé.
L’impact dramatique sur les familles vulnérables
Les malades sous oxygène en première ligne
Les patients dépendants d’un concentrateur d’oxygène à domicile représentent la population la plus exposée à cette crise hydrique. Ces appareils médicaux nécessitent un nettoyage quotidien à l’eau claire et fonctionnent de manière optimale dans un environnement humidifié. Les coupures de 96 heures consécutives dans certaines communes compromettent directement l’efficacité de ces traitements vitaux.
Un système de rationnement à géométrie variable
La Société Mahoraise des Eaux a instauré des cycles de restriction différenciés selon les zones géographiques. Les communes du centre et du sud, incluant Bandrélé, Bouéni, Chiconi et Chirongui, subissent le régime le plus sévère avec 24 heures d’alimentation suivies de 96 heures de coupure. Tsingoni bénéficie d’un traitement légèrement plus favorable avec 72 heures de coupure, tandis que les autres communes maintiennent un rythme de 48 heures sans eau.
Les solutions d’urgence déployées sur le terrain
Une logistique de crise activée par la SMAE
Face à l’urgence, la Société Mahoraise des Eaux a mobilisé une flotte de citernes et installé des rampes d’eau dans les zones les plus affectées. Cette organisation logistique exceptionnelle permet d’assurer un approvisionnement minimal aux habitants, particulièrement dans les quartiers où résident des personnes dépendantes. Les situations de crise hydrique révèlent souvent des solidarités locales remarquables, comme observé lors d’autres catastrophes naturelles en France métropolitaine.
Des précautions sanitaires renforcées
L’opérateur recommande systématiquement de laisser couler l’eau plusieurs minutes lors de chaque remise en service et d’effectuer une ébullition préalable avant tout usage alimentaire. Ces mesures préventives visent à éviter la contamination bactérienne des canalisations lors des phases de coupure prolongée.
Les perspectives d’amélioration et leçons à retenir
Un calendrier de rétablissement progressif
La fin des travaux de maintenance, programmée pour le 24 octobre 2025, devrait permettre un retour progressif à la production normale de 10 000 mètres cubes quotidiens. Cependant, les déficits hydriques observés sur l’ensemble du territoire français imposent une vigilance renforcée sur la gestion des ressources en eau.
Renforcer la résilience des territoires insulaires
Cette crise révèle l’impérieuse nécessité d’investir dans des infrastructures de production d’eau redondantes pour les territoires insulaires. Les enjeux de sécurisation de l’approvisionnement en eau dépassent largement le cadre technique pour toucher aux questions de souveraineté et de protection des populations vulnérables.
Questions fréquentes sur la crise hydrique mahoraise
Combien de temps durent les coupures d’eau à Mayotte ?
Les coupures varient de 48 à 96 heures selon les communes, avec seulement 24 heures d’alimentation entre chaque période de restriction. Cette situation exceptionnelle est liée aux travaux de maintenance de l’usine d’Ourovéni.
Comment les malades sous oxygène peuvent-ils être aidés ?
La SMAE a mis en place des points de distribution d’eau par citernes dans les zones les plus touchées. Les patients peuvent également solliciter leur médecin traitant pour signaler leur situation et bénéficier d’un suivi renforcé.
Quand la situation redeviendra-t-elle normale ?
Le retour à la production normale de 10 000 mètres cubes par jour est prévu après le 24 octobre 2025, date de fin des travaux de maintenance du décanteur de l’usine d’Ourovéni.
Que faire pour économiser l’eau durant cette période ?
Il est recommandé de stocker l’eau dans des récipients propres lors des phases d’alimentation, de privilégier les douches rapides et d’utiliser l’eau de rinçage des légumes pour l’arrosage des plantes d’intérieur.


